samedi 18 novembre 2017

L'enceinte d'Orléans





Orléans au XIXe siècle











Capitale de la région Centre-Val de Loire et idéalement située sur la Loire, Orléans est à la croisée de territoires tels que la Sologne, la Beauce, le Gâtinais ainsi que le Val de Loire, sur un axe Beaugency, Blois, Amboise, Tours. La Cité johannique (en référence à Jeanne d'Arc) possède de multiples atouts historiques et patrimoniaux qui en font toute sa renommée.





 Localisation : 45 000, Orléans, département du Loiret. 

Région : Centre-Val-de-Loire






Au début du XIe siècle, la ville se développe vers l’ouest, au-delà de l’enceinte antique. Ce nouveau quartier, le Bourg Dunois, est protégé par un fossé, peut-être doublé d’un talus, dont les vestiges ont été observés sous la place de Gaulle. (voir le site « Place de Gaulle » ) À la charnière des XIIIe et XIVe siècles, le système de protection est doublé par une véritable enceinte maçonnée et un second fossé.  Deux portes principales ont pu faire l’objet d’une fouille : la Porte Renart, sous la place de Gaulle, et la Porte Bannier, sous la place du Martroi (les vestiges sont visibles dans le parking souterrain). Au début du XVe siècle, avant l’arrivée des troupes anglaises, ces deux portes ainsi que l’ensemble des fortifications font l’objet de travaux visant à améliorer la défense.

La deuxième accrue ou enceinte de Saint-Aignan 

C’est au milieu du XVe siècle que prend corps le projet d’enclore le faubourg oriental de la ville, alors en pleine reconstruction après la guerre de Cent Ans. Les bâtiments du quartier, tant civils que religieux, avaient en effet été volontairement rasés au début du siècle, avant l’arrivé des troupes anglaises, afin d’améliorer la défense de la ville.  Le roi Louis XI, qui a séjourné à plusieurs reprises à Orléans et connaît sa fidélité, facilite le financement de l’ouvrage. Cette construction permet de protéger quelque 22,5 ha supplémentaires, comprenant deux édifices religieux : l’église Saint-Aignan et l’abbaye Saint-Euverte. Commencé en 1467, le chantier s’achève symboliquement en 1480 par la pose d’une statue de Louis XI, de la Vierge et de saint Aignan au-dessus de la nouvelle Porte Bourgogne. 

La troisième et dernière accrue 

À la fin du XVe siècle, Charles VII décide d’enclore les faubourgs s’étendant le long des routes vers Blois, Châteaudun et Paris. Les travaux de construction d’une nouvelle enceinte débutent en 1486 et s’achèvent dans la première moitié du siècle suivant. Cette dernière réalisation est marquée par les adaptations aux progrès réalisés par l’artillerie. Une partie de l’enceinte médiévale est désormais précédée d’une terrasse qui accueille les pièces de tir. Les tours et les nombreuses portes présentent des fenêtres de tirs adaptées aux canons. Enfin, le long de l’enceinte de Saint-Aignan, plusieurs ouvrages de défense sont construits afin de moderniser cette partie de la fortification (voir le site « Motte-Sanguin » ). L’enceinte subit néanmoins les affres des guerres de Religion et n’empêche pas Orléans d’être assiégée à deux reprises. Malgré la destruction des fortifications au XVIIIe siècle, leur tracé reste aujourd’hui encore visible dans le paysage urbain, car il correspond aux actuels mails qui limitent le centre-ville.




La ville d'Orléans formait une sorte de carré long, comprenant à l'Est, et pour la plus grande partie, l'ancienne ville romaine;  à l'Ouest, l'aucien bourg d'Avignon (Avenum), joint à la ville en 1345 par Philippe de Valois.
Le plus grand côté, au Sud, longeait la Loire sur une étendue d'environ mille mètres ; le côté parallèle, au Nord, ne dépassait pas une ligne que l'on pourrait tracer de la place actuelle du Martroi aux dépendances de l'Évêché. Les deux autres descendaient de ces points vers le fleuve, celui de l'Est en ligne droite : c'était le côté de l'enceinte romaine, celui de l'Ouest, par une ligne plus courbe qui enveloppait l'église Saint-Paul : c'était le côté du bourg d'Avignon. La ville était donc loin d'atteindre aux limites qu'elle a aujourd'hui, mais la population s'y acheminait déjà par des faubourgs "les plus beaux du royaume," qui se prolongeaient à l'issue des portes (porte de Bourgogne à l'Est ; portes Parisis et Bannier au Nord ; porte Renart à l'Ouest).
Devant la porte du Sud, un pont de dix-neuf arches, qui s'appuyait vers le tiers de sa longueur sur une île aujourd'hui supprimée (motte SaintAntoine et motte des Poissonniers), menait à la rive gauche de la Loire, où s'élevaient le grand couvent des Augustins, et au delà, un nouveau faubourg, dit "Portereau Saint-Marceau. Réduit à son enceinte, Orléans faisait encore une imposante tête de pont au passage de la Loire. Ses murs, qui, pour les trois quarts de leur étendue, reposaient sur les fondements romains, épais de deux mètres, hauts de six et même de dix au-dessus du niveau de la plaine, étaient bordés d'un fossé large de treize mètres, profond de six, et flanqués de tours à trois étages, qui dominaient la muraille et faisaient une saillie de dix mètres au moins dans les fossés de la place.
Les portes, resserrées chacune entre deux de ces tours, étaient en outre défendues par des boulevards, ouvrages en terre, de forme carrée, entourés d'un fossé et d'une forte palissade. Le pont, sur la rive gauche, avait une défense de même sorte : c'était d'abord un pavillon élevé sur la culée même du pont, et séparé de la rive par un fossé où coulaient les eaux de la Loire (on le nommait, des deux tours dont il était flanqué, les Tourelles ou Tournelles) ; et au delà du fossé, un vaste boulevard qui en couvrait les approches et qu'on appelait le boulevard des Tourelles. Cette forteresse, jointe à la ville, mais séparée d'elle par un pont d'une telle longueur, était bien aventurée. Pour y suppléer, au besoin, on avait élevé un autre bastion à l'endroit où le pont s'appuyait sur l'île de la Loire : la bastille Saint-Antoine. Elle datait, comme les boulevards, de l'an 1417, c'est-à-dire du moment où le vainqueur d'Azincourt, revenu à la conquête de la Normandie, menaçait toute la France. Dès ce jour, les habitants d'Orléans avaient agi comme s'ils étaient les premiers en péril. Au quinzième siècle (de 1400 à 1490), des revenus de la ville, un quart était consacré aux dépenses communes, et les trois autres quarts aux fortifications. Ils en usèrent largement pour mettre leurs murs en bon état, remplir leur arsenal, raffermir leur organisation militaire et pas une année ne s'était passée sans qu'on ajoutât, par des achats ou des travaux, aux moyens de défense et d'attaque. En 1421, ils avaient pu braver Henri V lui-même, quand il s'avança jusque sous leurs remparts. Ils étaient prêts à soutenir cette autre attaque où se concentrait, cette fois, tout l'effort des Anglais. Tout, en effet, dans la marche des Anglais prouvait que c'était là leur fin suprême."

Les tours n'étaient pas voûtées, l'intérieur était pourvu de planchers à étage, au milieu de chacun d'eux une trappe munit d'une échelle escamotable qui se répétait d'étage en étage jusqu'au dernier auquel on mettait le feu à l'aide de matières inflammables qui étaient au Rez-de-Chaussée. Il n'y avait pas de canonnières ni d'embrâsures puisque les armes à feu n'étaient pas encore découvertes, mais les arbalétrières ou grandes ouvertures très longues et étroites, servaient à faire passer les traits qu'on lançait sur les ennemis.
Les tours et les murs de la première enceinte étaient bien différents dans leur forme de ceux qui depuis ont été faits aux autres enceintes; les murs n' étaient pas terrassés du côté de la ville, dans toute leur hauteur et il fallait y monter par des escaliers ou eschiffs (pente douce en bois) auxquels on mettait le feu en se retirant, parce que derrière eux et dans la ville, il y avait encore un second fossé pour arrêter l' ennemi.
Les murs du côté de la place avaient sur leur sommet et dans leur épaisseur des brèches ou interruptions qui étaient couvertes de madriers et de planches que l' on retirait lorsque les assiégeants s' étaient emparés de ces murs. Pour les empêcher de circuler, de se réunir, on ne pouvait se joindre qu' en passant à l' intérieur des tours par une porte placée à droite et à gauche.


Les tours avaient trois étages le premier presqu au niveau du fond des fossés le second au niveau du sol le troisième dominait la campagne Le galetas de plusieurs d elles n était pas couvert les autres avaient une toiture une cave était pratiquée sous le tout et une cheminée placée du côté la ville pour ne pas obstacler la vue de la plaine L'enceinte d'Orléans formait un circuit de 4,3 kilomètres (plus précisemment 5750 pas commun, 5 o21 mètres ce qui donne 3 093 pas géométriques ou 2,577 toises qui équivalent à 1 lieue un quart et 77 toises).  La superficie est estimée 17 000m2 (ou à 20 pieds par perche ou 270 à 25 pieds par perche). Les murailles étaient défendues depuis la dernière enceinte en 1515 par deux forts, un ravelin, un cavalier avec fortification à la porte Bourgogne et par vingt-cinq grosses tours non comprises celles qui accompagnaient les portes. Ces tours étaient ainsi appelées Tour Neuve, tour de la Brebis, tour de l' Etoile, tour Saint-Euverte, tour Juranville, tour Penincourt, tour Bourbon, tour Saint-Avit, tour Saint-Esprit, tour Saint-Pierre, tour Saint-Michel, tour Terrassée, tour Belle Masures, tour Le Roi, tour Gouvernante, tour des Arquebusiers, tour Saint-Louis, tour Baltazar, tour Saint-Joseph, tour de la Ridenne, tour Rose, tour de Recouvrance, tour du Bassin, tour de la Crèche-Beffroi, tour Cassée ou Carrée. Il ne reste plus au XIXe siècle qu' une partie de la tour Bourbon, où sont renfermées les poudres, et la tour Blanche de la première enceinte qui est encore entière près de la rue de la Tour Neuve.





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La ville









Le tourisme dans le Loiret



Orléans






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Une tour du système défensif du IVe siècle


Restitution du système défensif au XVIe siècle


Premier rempart



Deuxième rempart




Troisième rempart




Orléans vers 1429



Orléans vers 1429

























Pont royal en 1856