dimanche 15 avril 2018

L'enceinte d'Amiens




























Au cœur d’une riche région agricole, Amiens s’est développée de part et d’autre de la large vallée de la Somme et autour des confluences avec les rivières de l’Avre et de la Selle. Proche d'Abbeville, Roye, Péronne, Amiens, située au coeur de son département, la Somme, a fait évoluée son enceinte au fil du temps, jusqu'au XVIIIe siècle, pour former une belle cité médiévale...




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 Localisation : 80 000, Amiens, département de la Somme.


Région : Hauts-de-France


Construction : Ier - XVIIIe siècle




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Samarobriva (Pont de la Somme en gaulois) est le nom de la ville d'Amiens à l'époque gallo-romaine, au cours du Ier siècle, la cité antique se développe rapidement jusqu'à devenir la plus vaste et la plus peuplée de l'ouest de la Gaule belgique. Place essentielle entre l'Île-de-France et le comté de Flandre, la ville est réunie à la couronne par Philippe Auguste en 1185. Ce dernier rencontre et épouse dans la ville Ingeburge de Danemark en 1193.
Amiens voit de nouvelles fortifications s'étendre vers le Nord et les quartiers industriels textiles aux multiples moulins se développer. Les traces de ces quartiers sont encore visibles de nos jours dans le quartier Saint-Leu. Au XVIIIe siècle, Amiens bénéficie d'une longue période de paix propice à son développement économique. Les édiles amiénois engagent de grands travaux d'urbanisme ; les remparts disparaissent peu à peu pour laisser place à de larges boulevards, une promenade et un plan d'eau sont aménagés à La Hotoie (1746), sept fontaines publiques sont mises en service (1753-1758), le château d'eau est édifié (1755), l'hôtel de ville est doté d'une nouvelle façade (1760), le théâtre est bâti (1780), etc. Au XIXe siècle, Amiens tire profit de la révolution industrielle et conserve une reconnaissance internationale grâce à la qualité de sa production textile. Encore fortement marquée par son caractère médiéval, la ville s'étend et se modernise. Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, la ville est un perpétuel chantier, préfigurant l'haussmanisation. Dans les années 1820, les remparts sont démontés totalement pour laisser place à de larges boulevards qui ceinturent le centre-ville. Cette démolition donne notamment naissance au quartier bourgeois d'Henriville. Des rues radiales convergeant vers le centre sont percées de 1830 à 1848. La partie la plus ancienne est la porte Montre-Ecu (1390) , ancien élément de l'enceinte médiévale. Après la paix de Cambrai (1529) , François Ier fit construire devant cette porte un ravelin, lui-même précédé d'une porte avec un arc triomphal (1531). Au début du XVIIe siècle, la citadelle fut construite par Jean Errard, sur ordre d'Henri IV, après l'investissement de la ville par les Espagnols en mars 1597 et sa reprise par les troupes françaises en 1597. La porte d'entrée au Sud ou porte Royale fut construite en 1620 et servit d'entrée à la citadelle jusqu'en 1859. L'ancienne porte Montre-Ecu perdit ses tours et fut arasée au-dessus de ses voûtes pour servir de base à une construction en surplomb, probablement commencée sous Louis XIV et achevée au XIXe siècle, le logis des gouverneurs. Peu modifiée par la suite, la citadelle demeure un exemple de ce qu'étaient les fortifications à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, malgré des dommages, en particulier en 1962 la destruction des deux bastions est pour faire passer une grande route.


Au Bas Empire (IIIe-Ve s.), alors qu'elle connait une importante phase de régression, Samarobriva (Amiens) se dote d'une enceinte fortifiée. La ville ne couvre alors plus qu'une vingtaine d'hectares, soit dix fois moins qu'au IIe s. Le mur d'enceinte du castrum (ville fortifiée), élément essentiel de la structuration urbaine entre le IVe et le XIIe s., et jusqu'à présent fort mal connu, traversait d'est en ouest les sites fouillés. Le premier tronçon de courtine mis au jour, long de 50 m, longe la rive de l'Avre. La récupération massive des matériaux au Moyen Âge n'a laissé que l'empreinte du mur, sur sa fondation. Plusieurs blocs en grand appareil, encore en place, formaient le soubassement d'une tour, qu'un trait de repère gravé en arc de cercle a permis d'estimer à 5 m de diamètre. L'existence de tours sur la muraille était jusqu'alors inconnue. Un second tronçon de courtine, découvert 40 m plus à l'ouest, était constitué de massifs de maçonnerie réutilisant les fondations en grand appareil de quais et de bâtiments construits aux Ier et IIe s. le long de l'Avre. Ces ensembles monumentaux en grand appareil - rempart, quais et culée de pont (appui d'extrémité) - sont inédits et ont également bénéficié de mesures conservatoires.

La pièce maîtresse dans le système de défense du Bas-Empire est incontestablement l'amphithéâtre situé sous l'actuel Hôtel de Ville. On l'avait transformé en forteresse en obturant toutes les ouvertures par de la maçonnerie en mortier de tuileau et en reprenant même certaines parties en sous- œuvre (5). Avec ses murs d'une hauteur de l'ordre de 20 m, il devait constituer une sorte d'énorme bastion circulaire particulièrement imposant. Au flanc occidental de la masse de l'amphithéâtre, sous l'actuelle rue de la Malmaison, le rempart décrit un tracé légèrerrfent courbe, ponctué par de faibles redents, en évitant la zone tourbeuse au sud-ouest et à l'ouest (6). Après avoir franchi la rue du Général Leclerc, il s'oriente, brusquement vers le nord jusqu'à l'angle nord-ouest du cloître des Sœurs Grises. Cette face occidentale est la partie de loin la mieux reconnue, la reconstruction des ilôts sinistrés ayant permis de suivre son cours dans son ensemble, sur 140 m environ.


Le château-fort

Situé sur la place de la Mairie, ce château consistait en en une tour élevée servant de citadelle aux Romains pour contenir le peuple de cette ville et d'assurer la perception des impôts. On ignore sous quel empereur il fut construit, on sait seulement que Valentinien en fit augmenter les fortifications lorsqu' il donna plus de hauteur aux forts et aux châteaux des bords du Rhin et qu' il garnit de tours la plupart des lieux de la Gaule dans les endroits où elles pouvaient être utiles pour la défense du pays. Le château d' Amiens prenait tout l' espace de terrain qu' on remarque depuis le beffroi jusqu' à l' ancien baillage. Il paraît qu' après la ruine du château d'Amicns, il avait été incrusté dans la façade d' une maison existant encore sur la place de la mairie actuelle. Un impitoyable badigeon lui a fait disparaître les figures en quelques années au XIXe siècle, en grattant la pierre sur laquelle elles avaient été sculptées.


Le Châtelet ou petit château de la rue des Sergens

Ses principaux bâtiments donnaient sur la rue de Sire Firmin le Roux. C'était le palais où résidaient les empereurs romains et leurs lieutenants lorsqu' ils se trouvaient à Amiens.  Antonin qui dédia la ville aux dieux; Marc Aurèle, qui embellit Constantin et la repeupla, Julien qui y reçut de nouveau le titre d' empereur, Valentinien qui y proclama Auguste, son fils Gratien et y rendit une loi contre les enfants ingrats, habitèrent dit-on ce château pendant leur séjour dans les Gaules. Il fut démoli durant les XV et XVIe siècles. Il en restait encore quelques débris au XIXe siècle. Ils ont disparu comme disparaissent peu à peu tous les monuments qui attestent l'antiquité de notre ville. Les malheurs du temps les charges, ils accablèrent le peuple d' Amiens sous les rois de la première et de la seconde races et ne permirent pas à cette cité de s' accroître pendant cette période. A l' époque des premières incursions des Normands elle était défendue au midi par un mur d' enceinte qui, du marché au blé actuel s' étendait d' un côté jusqu' a la Barette en longeant le terrain occupé par les rues des Trois Cailloux, de Saint Denis, la place Saint-Michel et la rue de Metz, l'Êvêque et de l' autre côté au dessus de la porte du grand Pont, en passant près de la rive gauche du canal à l' entrée de la ville, le Mau Creux, le Port, les rues de l'Aventure des Fossés Saint Méry et de Delambre. Depuis le grand Pont jusqu' au pont Ducange, la Somme servait de défenses naturelles à la ville. Deux forts situés près de la porte du Géant et sur le terrain du jardin du palais de Justice, servaient, ainsi que l' ancien château d' Amiens, de citadelle aux habitants en cas d' attaque. Les villageois des alentours effrayés des courses successives des Francs et des Normands s'étaient réfugiés près de la ville, espérant y trouver un appui contre ces hordes barbares. C' est pourquoi l' on vit à cette époque s' élever auprès d' A miens une foule d' habitations qui leur servaient de retraite et qui, plus tard, reçurent les noms de faubourgs Saint-Michel, Saint-Rémi et Saint-Jacques. Ces faubourgs n'étaient défendus que par des pieux fichés en terre, les interstices étaient remplis de terre et de cailloux, 1'on doit les considérer comme formant le principal accroissement qu' Amiens reçut dans un temps où le peuple cherchait moins à donner de l' extension à la ville qu' à se procurer un asile dans une position qui lui permit de résister aux invasions des pirates qui désolèrent la France au IX et X siècles. Le seul accroissement que la ville reçut pendant cette période fut peu considérable, il eut lieu vers le XIIe siècle du côté de la porte Saint-Pierre et de l'emplacement qu' occupe aujourd' hui la citadelle. En 1346 on conçut le projet de faire une troisième enceinte pour enfermer les faubourgs dans la ville. Par des lettres patentes du 18 juin 1347, Philippe de Valois autorisa les Mayeur et Echevins à entreprendre de suite les ouvrages nécessaires pour former cette enceinte et mettre les faubourgs à l' abri des ravages des Anglais qui avaient fait une descente en France. On créa immédiatement des fossés et des fortifications autour de ces faubourgs, les travaux commencèrent à la Vigne l' Evêque. Les murs furent flanqués de tours, on y aménagea quatre entrées, l' on pratiqua ensuite quatre portes; celles de Noyon, des Rabuissons, de Beauvais et de la Hotoye. L' ouvrage n'avança pas beaucoup quoique surveillé par Bernard de Moreuil, maréchal de France et Hugues abbé de Corbie. Le roi avait délégués à l'effet de régler les différents qui auraient pu survenir entre le corps de ville et les habitants dont les travaux devaient couvrir les héritages. Les ecclésiastiques et les séculiers furent obligés d' y contribuer mais les dépenses devinrent si considérables que les fonds ne tardèrent pas à manquer. On résolut alors de suspendre les travaux. La captivité du roi Jean en Angleterre et la cession de la ville au duc de Bourgogne ne permirent pas qu' on les reprit depuis. Le chanoine de la Morlière ajoute que les courses des Navarrois qui brûlèrent l' un des faubourgs en 1358 et faillirent même prendre la ville, furent une cause de renoncement pour le moment. Ce ne fut que sous Louis XI, que le raliement des faubourgs à la ville put être réalisé.


 Porte Saint-Firmin 

 Cette porte existait en 1107, il y avait, à côté une fontaine et une large pierre que le clergé avait fait placer vers cette époque en mémoire d' un miracle qui aurait eu lieu à cet endroit. Le 5 juin 1486 les marguiliers de l'église de Saint-Firmin désirant agrandir cette église obtinrent du Corps de Ville que la porte de Saint-Firrmin serait démolie et que si les matériaux étaient vendus 20 écus, l'église en aurait dix pour sa part. La porte Saint-Firmin ne servît plus alors de clôture, elle ne fut jetée bas que trois ans après.


Porte Saint-Denis

Au XIIIe siècle cette porte fermait la ville du côté de la place qui porte actuellement son nom, un fossé servant d'égout existait. Le pont-levis fut supprimé en 1482 et la porte elle même disparut peu de temps après.


Tour de la Tournelle

La tour existait en 1291


La Tour de la Barette ou de la Haye près de l' ancienne porte de la Voirie

La construction de cette tour remontait à 1350, son revêtement de grès qui la couvrait de toutes part lui donnait un caractère herculéen, elle servait ordinairement de tour de guêt en temps de guerre. Lorsqu' elle fut démolie au XIXe siècle, on trouva dans la partie inférieure d' anciennes inscriptions que l'on prit pour des règlements de police.


Porte de montrescu (l' ancienne)

Elle existait sur l' emplacement de celle dont on donnera plus loin la description. La première pierre avait été posée le 26 juin 1390 comme le prouve ce passage d' un compte de l'hôtel-de-Ville du même jour: "Au dragon pour iiij kanes à 2, viij qui fust donnée à messire Hue Poullelle, 1 machon qui asseist la première pierre à la porte de Montrescu". Cette porte était décorée d' une image du Roi Saint-Louis, elle en fut ôtée en 1478 et donnée aux Jacobins d' Amiens pour la placer dans leur église.

L' affection que les habitants témoignaient à Louis XI lui fit aimer la ville un peu plus,  en plusieurs circonstances, notamment lorsqu' il avait séjourné parmi eux deux ans auparavant, résolut de faire achever la nouvelle enceinte commencée au siècle précédent et qui devait joindre à la ville les faubourgs de Saint-Michel, de Saint-Rémi et de Saint-Jacques. Par des lettres patentes du 24 janvier 1475, il se mit en relation avec Antoine Clabault, ancien mayeur, et Pierre De1nachy greffier pour faire abattre les anciennes murailles et combler les fossés qui séparaient les faubourgs de la ville. Les intentions de Louis XI furent remplies avec tant d' intelligence et d' activité par le mayeur et le greffier qu' un bel esprit du temps ne crut pas pouvoir se dispenser de les féliciter en vers, propres à faire connaître la poésie de cette époque.  La démolition des anciennes murailles commença au bas du couvent des Augustins et continua sur presque tout l' espace qu' elles comprenaient, on laissa seulement subsister la porte de Longue Maisière, située à l' entrée du marché, au bled vers la rue des Sergens et la tour du Garol qu' on voyait encore au XIXe siècle dans la cour de la maison, rue des Trois Cailloux qui porte le n° 29. Au moyen de ces travaux, la ville d' Amiens se trouva agrandie suivant la forme de 1346, depuis la Baratte jusqu'à la porte de la Hautoye où passaient les nouveaux fossés qui se prolongeaient delà vers la Somme. Le terrain qui occupaient les anciennes fortifications de la ville ayant été ensuite aplani, on vit s' élever, en plusieurs endroits, une foule de nouvelles habitations.


Pont Saint-Michel près du port d' alval

Les mayeur et échevins d' Amiens le firent bâtir, c' est par cette construction hardie que finit l' agrandissement de la ville sous Louis XI. Les arches en grès présentent une singularité frappante, regardées en face elles paraissent former une équerre tandis que le pont suit une ligne parfaitement droite. Au cours du XVIe siècle de grosses chaînes empêchaient les bateaux de pénétrer dans Amiens en passant sous le pont Saint-Michel.  Aux extrémités s' élevaient deux tours qui, avec celles de la Barbacane, formaient de ce côté un système complet de fortifications. L'homme chargé de veiller à la conservation de ces chaînes recevait de la mairie par an un écu quarante sols de gages et cinq aulnes de drap moitié bleu et moitié rouge pour se faire une robe de cérémonie. Il devait, tous les matins, aller chercher les clefs chez le mayeur pour ouvrir les chaînes et les remettre le soir après les avoir fermées.


La porte Montre écu ou Montrescu

De beaux restes subsistent encore dans la citadelle, c'est un des monuments les plus curieux que possède la ville d' Amiens. Elle présente en effet tous les caractères de cette architecture noble et élégante qui signala le siècle de François 1er et rappelle de grands souvenirs. Le projet de faire reconstruire la porte de Montre Ecu avait été conçu par le monarque, à son passage à Amiens en 1520, lorsqu'ïl se rendait à Ardres pour l' entrevue du Champ du drap d' or. Une partie de ce monument est décorée de Salamandres et du chiffre du roi chevalier. On sait que François Ier avait choisi la Salamandre pour emblème parcequ'elle est réputée vivre au milieu du feu et que sous ce rapport elle offrait l'image allégorique de sa vaillance. La porte Montre Ecu fut en partie ruinée pendant le siège d' Amiens en 1597, et, enfermée dans la citadelle qu' Henri IV fit construire après la reprise de cette ville.   


Porte de Paris

Cette porte qui fut détruite lors de l'applanissement des remparts avait été construite en 1531, son aspect extérieur était imposant. Le frontispice offrait plusieurs F couronnés des fleurs de lys en grand nombre et des Salamandres. Elle fut fortifiée en 1592 et fermée en 1607car elle était trop proche de celles de Noyon et de Beauvais. On y logea les prisonniers pendant la reconstruction de la conciergerie. Ensuite on en fit un magasin à poudre et à l' époque où l' on voulut détruire la mendicité à Àmiens on y enferma les pauvres surpris demandant l'aumône sur la voie publique


Pont de la Barette

La ville l'avait fait construire en 1545, on y voyait une inscription assez singulière rappelant l'ancien cri de guerre des français:  Mont Joie _ Saint Denis


Le bastion de Guyencourt vis à vis la rue du Four des Champs

Il fut élevé en 1553, il est revêtu de briques et pierres de taille et orné de l'écusson de Henri Il. L'intérieur renferme une ancienne tour nommée la tour des avocats.


Porte de Beauvais

Reconstruite en 1553, cette porte était flanquée de deux grosses tours près desquelles se trouvait un corps de garde et une barrière. C'était entre cette barrière et la porte que le mayeur présentait ordinairement les clefs de la ville aux rois de France à leur entrée à Amiens et qu' on les haranguait. Le pont levis de la porte Beauvais fut supprimé en 1696, au XVIIIe siècle on en abattit le cintre.  Deux petits édifices en pierres de taille et une balance à peser les voitures ont remplacé la porte dont il ne reste aucun vestige.


Le Bastion de Longueville à l'extrémité de la rue Royale Léonor de Longueville

Le gouverneur de Picardie posa la première pierre de ce bastion en 1571, la face droite à 100m et la gauche 135. On y remarque les armes de France, des croix et des H couronnés


 La porte Saint-Pierre

 Cette porte était en construction lors de la surprise d' Amiens en 1597. On l' ouvrit pour y faire passer les diplomates de l'Espagne un an après, c est à dire en 1598. La niche ovale qui se voyait au-dessus du cintre de la façade extérieure contenait autrefois un buste en bronze de Henri IV. Au bas de ce buste on lisait cette inscription gravée en lettres d' or sur une table de marbre;

Ut beneficum sydus fortissimi Henrici IV.
Vultum posteri nôrint Quem urbs et orbis
gallicus Regem ac liberatorem habet.

Un habitant d' Amiens, de Vermont l'aîné, auteur du Voyage pittoresque dans cette ville a cru traduire cette inscription par les lignes que voici; "La postérité regardera comme un astre bienfaisant ce buste d' Henri IV recommandable par son courage, lui que la ville et toute la Picardie regarde comme son libérateur". Rivoire, aussi malheureux dans ses vers que de Vermont dans prose, a donné à cette inscription une traduction rimée qui n' est pas plus fidèle que celle que nous venons de rapporter:

"D' un prince bienfaisant on reconnait le visage de la France,
voilà les traits d' un roi toujours trainqueur
Amiens! Henri t'affranchit de l'esclavage.
Et par ta reprise il fut ton libérateur."

 La porte Saint-Pierre a été démolie en 1831, les seuls objets remarquables qu' on ait trouvés dans ses débris sont des fragments de colonnes ornées de chapitaux corinthiens. Ces colonnes provenaient d'édifices beaucoup plus anciens que cette porte, elles étaient si endommagées qu' on ne jugea pas bon de les retirer des décombres pour les faire transporter au musée des antiques de la bibliothèque d Amiens.


La citadelle
Construite principalement entre 1598 et 1610, entièrement achevée en 1622, elle se présente comme un vaste ouvrage pentagonal à cinq bastions, précédé de larges fossés et ceints d’un chemin couvert. Son architecture est typique de la première moitié du XVIIe siècle.  La citadelle est construite en brique à chaînages de pierres saillantes, comme de nombreux édifices civils ou militaires en France, sous les règles d’Henri IV ou de Louis XIII. Elle communiquait avec l’extérieur par trois portes distinctes: au sud, la “Porte Royale” de 1615 a été murée et restaurée en 1859. L’entrée se fait maintenant, toujours au sud et plus vers l’est, par l’ancienne porte de la ville, la “porte Montrescu” ou “vraie porte”, rebâtie en 1389 ou 1392. Il n’en subsiste plus que le cintre de grès en ogive. Au-dessus, fut construit au tout début du XVIIe le logement du Lieutenant du Roy. Cette ancienne porte de la ville ne doit pas être confondue avec la nouvelle “porte du Ravelin de Montrescu” ou “fausse porte”, entrée secondaire, construite plus au nord sous François Ier, de 1524 à 1531. Le monument fige depuis un espace considérable sur le versant septentrional d’Amiens, coupe l’ancienne voie romaine Senlis-Boulogne et ferme toute la cité au nord du quartier Saint-Leu. La ville vit sa croissance bloquée au nord.

Le plan de cette forteresse fut tracé en présence de Henri IV en 1597 par l' ingénieur Evrard, natif de Bar le Duc, à qui ce Monarque confia la direction des travaux. Dominique Devic alors gouverneur d'Amiens avait conseillé de la construire face au bastion de Guyencourt où elle aurait été suivant lui d'une plus grande utilité, mais l'ingénieur fut d' avis de la placer au bout de la chaussée Nord et son opinion prévalut. Cette citadelle est un pentagone régulier composé de cinq bastions à angles aigus. Ces bastions portent les noms de Béarn, de Luynes, de Saint-Pal de Chaulnes et de Nararre et forment avec les cinq courtines un développement d' environ 1840m. Des fossés, larges et profonds en partie creusés dans la pierre l'environnent de toutes parts.
La chapelle a été construite sous les cintres de l'ancienne porte de Montre Écu. Les casernes magasins et logis du gouverneur n'offrent rien de remarquable, on ne peut plus bien distinguer le portrait du maréchal d' Ancre qui était gravé en relief sur une pierre à cause des mutilations qu' il a essuyées. L'inscription suivante, qui se trouvait en haut de la porte d' entrée a cessé d' exister depuis longtemps;

"Invictâ Henrici Quartz memu
Non manubiis conflata moles
Æterno tanti regis nomini
Quœ pacem orbi bello restitutam
Perennet"

La porte du grand pont qu' on voyait dans la chaussée Saint-Pierre
Cette porte remontait au VIIIe siècle, son architecture, solide, présentait un mélange curieux des styles grec et romain dégénérés. Elle fut démolie vers 1484. Le maire et les échevins d' Amiens paraissaient tenir beaucoup à sa conservation. Suite à une délibération à l'hôtel-de-ville d' Amiens, le 11 mars 1 461 fut envoyés quatre députés et le maître d'ouvrages pour visiter cette Porte et la réparer. Une des plus anciennes porte de la Ville.












La ville




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Sur la base Mérimée
 http://www.culture.gouv.fr/Merimee


 Des documents sur l'enceinte:

L'enceinte
https://www.persee.fr/doc/pica_1272-6117

L'évolution d'un quartier depuis l'antiquité
https://www.inrap.fr/l-evolution-d-un-quartier-d-amiens

La voirie médiévale du site de la citadelle
https://journals.openedition.org/cem/14364?lang=en

La citadelle
https://fr.wikipedia.org/wiki/Citadelle_d%27Amiens

Le Beffroi
http://www.vpah.culture.fr/educatif/aha/fiches/

L'histoire de la ville dans un livre du XIXe siècle


Les seigneurs de la ville





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Les places fortes entourant l'Ile-de-France

Châteaux, châteaux-fort, donjons
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr

Le monde des châteaux
http://unchemindeliledefrance.blogspot.fr



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Le tourisme Hauts-de-France